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Comprendre le leadership politique de Macron

Emmanuel Macron a été réélu président de la République française le 24 avril, mais qu’est-ce que le prochain quinquennat aura à offrir à la politique française ? Alistair Cole évalue le leadership de Macron, son influence plus large sur la politique en France et les perspectives de sa seconde présidence.

L’actuel président français, M. Macron, a été réélu pour un second mandat de cinq ans. L’élection présidentielle de 2022 n’a pas été un simple succès, mais a révélé des tendances inquiétantes dans la démocratie française : La consolidation de l’extrême droite ; l’augmentation des abstentions ; l’effondrement des paniques traditionnelles du centre-gauche et du centre-droit et le fort déclin des partis anti-système.

Une partie du problème durant le début du mandat (2017-2022) était au cœur de la société Macron elle-même, qui reposait sur le rejet des principales familles du parti et la difficulté à définir un projet politique de base. Ces lacunes, combinées à une perte de confiance dans la politique et la société françaises, posent d’énormes défis à cet entrepreneur politique original.

Le leadership de Macron

La contribution de Macron est mieux comprise si l’on considère le leadership comme un jeu en trois étapes basé sur l’interaction entre une personnalité politique individuelle, des opportunités institutionnelles stratégiques et l’impact potentiellement transformateur des opportunités nationales et internationales (ainsi que leur capacité égale à perturber et à dégrader).

Sur le plan individuel, la réélection de Macron pour un second mandat présidentiel, pour la première fois sous la Cinquième République en dehors du contexte spécifique de la cohabitation, a été un témoignage de persévérance personnelle et de succès politique. Sa performance peut être interprétée positivement comme celle d’un entrepreneur politique dont la fortune réside étroitement dans le rejet, la perturbation et la transformation imparfaite du système de partis existant.

En 2017, Macron a été l’acteur – et le symbole – de l’éclatement de l’ancien système de partis. Les deux principaux partis de la Cinquième République – Les Républicains (en partie héritiers des gaullistes) et les socialistes (de l’ancien président Mitterrand) – ont tous deux été défaits et ne montrent aucun signe de reprise. En fait, 2022 a accéléré ces tendances lorsque la candidate socialiste Anne Hidalgo est tombée à 1,75 % et que même les Républicains (Valérie Pécresse) sont tombés à moins de 4,8 %.

Ce résultat est incontestablement un succès pour Macron, qui a réussi à redéfinir la compétition politique en termes de représentation de l’espace central (à la fois un centre politique et un centre d’intérêt), face aux extrêmes de gauche (Jean-Luc Mélenchon, troisième candidat en 2022) et de droite (Marine Le Pen, troisième candidate malheureuse). Macron a allié l’habileté à une dose de bonheur pour faire face aux crises successives – sociale, sanitaire, internationale. Sous Macron, la crise est devenue une sorte de gestion au-dessus de la politique.

Une interprétation un peu moins favorable serait celle d’un escroc politique dont le leadership pourrait éventuellement remettre en cause le système qui l’a porté au pouvoir. Macron a adopté un style descendant, de division et de « rupture » au pouvoir. Cela a rendu moins convaincantes ses tentatives de rétablissement des liens dans un sens plus horizontal pendant la campagne et continue de rendre difficile le maintien d’un débat démocratique dans une atmosphère impartiale. En fait, son approche est souvent perçue comme condescendante à l’égard de ceux qui ont moins de chance que lui, ce qui ne fait aucun doute quant à la crise sous-jacente de confiance politique et de séparation dans la politique française.

La dimension institutionnelle et internationale

J’ai souligné ailleurs le caractère de janvier de la présidence Macron. Macron a été élu président en 2017 sur la base de dynamiques opposées, peut-être contradictoires (L’équilibre en même temps, mais la réduction manichéenne des luttes politiques aux « progressistes contre les nationalistes »). Depuis, il a adopté des voies pragmatiques, pour ne pas dire opportunistes. De tels zigzags ne peuvent que saper les fondements du régime politique à plus long terme. Pendant la période d’observation, Macron a d’abord semblé contenir la profonde défiance à l’égard des institutions politiques. Mais l’explosion du mouvement des gilets jaunes en 2018 a montré les premiers signes que la nouvelle légitimité du président s’estompe.

Enfin, en ce qui concerne la dimension nationale et internationale, le leadership politique de Macron a impliqué un dialogue réciproque permanent, jouant sur les réformes nationales pour renforcer le prestige national à l’étranger, utilisant la politique étrangère pour renforcer le message de réforme au niveau national dans un mouvement permanent et une transition entre les niveaux. Les dirigeants étrangers et le public sont invités à être des co-conspirateurs dans le complot visant à réformer et à changer la société française. La crise actuelle en Ukraine offre des opportunités pour une plus grande autonomie stratégique pour (et l’influence française), mais montre aussi l’importance de calmer les démocraties du Centre et de l’Est et plutôt de l’Atlantique.

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